Délaissons un peu la choucroute musicale pour se consacrer à un nouveau projet, une série documentaire liée à la musique.
Avec "Single collection", je souhaite réaliser une série de portrait a travers l'écoute d'un morceau de musique qui a marqué les différents intervenants du projet.
Artistes, ouvriers, profs, caissiers... peu importe le statut, seul les gens sont intéressants et le rapport qu'ils entretiennent avec la musique....
5 épisodes ont déjà été tourné, d'autres vont suivre très régulièrement.
Conrad Schnitzler est un pionnier de la scène électronique allemande des années 70, créateur de Tangerine Dream et de Kluster.
Ancien élève du sculpteur allemand Joseph Beuys, ce musicien atypique et radical est méconnu du grand public. Musique agressive, et minimaliste, comportements extrême et vie recluse dans une modeste demeure berlinoise, Schnitzler reste néanmoins un homme charmant et passionnant.
Rencontre unique et privilégiée en 2004, chez lui...
Réalisation/Image: Julien Perrin Montage: Benjamin Aujon Mixage: Jules Wysocki
Les effets du chat et du granit noir dans l’ombre du haut-parleur.
Le chat. Il monte dans l’arbre et il laisse le tigre en bas de l’arbre, évidemment, qui le regarde. Le tigre, donc. Il est en bas de l’arbre tu vois. Tu le vois ça ? Il est là, en bas de l’arbre… Et le chat, non, attends, le chat… Il est dans l’arbre ! Il est monté dans l’arbre et il regarde le tigre et, tu vois, il le nargue. Et bon, il le nargue… C’est tout le chat ça. Et oui, c’est tout le chat. C’est com, com… Compliqué…
Pas tant que ça finalement.
Entre les latitudes zéro affirmant que ce chemin est le bon, surtout accrochées au bord des lèvres du chat quand les hélicoptères tournent en faisant ouvrir la porte, il n’y a pas trente-six façons possibles d’aborder le nouveau disque de FAUST… T’avales ou tu craches.
Et bien moi, j’avale. Direct.
Pas forcément objectif, il est vrai, je les connais bien les gars. JHP, Zappi, Momo… Mais n’empêche, un disque comme ça, en 2009, faut oser. Il y a deux ans, le combo allemand sortait un album produit par le mystérieux Steven Stapleton de Nurse With Wound, « Disconnected ». Claque dark et malsaine sur 4 morceaux construits à la scie sauteuse et produit au fil de soie surréaliste, cet album s’avérait finalement un des meilleurs du groupe, avec « Faust IV »,« You know faUSt » et « Rien ». Cette nouvelle livraison est en fait la suite d’un projet développé dès 2006. Le groupe s’était alors mis en tête de livrer, à partir d’une même session de travail, deux albums produits et mixés par deux producteurs différents. Je ne sais pas si cela a déjà eu lieu mais en tout cas, l’idée est bonne. Stapleton s’est chargé de la première livraison sous la houlette du chanteur/bassiste/tronçonneur/hâbleur Jean-Hervé Péron et des 120 kilos d’énergie et d’amour du batteur amateur de miel Zappi Diermaier. Pas de producteur finalement pour le petit dernier, un mix seul a été nécessaire afin d’obtenir une version « objective des enregistrements, sans autre intervention artistique d’un producteur » (dixit Péron).
Dieser weg ist der richtige
Si vous ne connaissez pas le groupe, il vaut mieux passer votre chemin (même s’il est le bon, forcément). Plus proche des sessions de travail originales que d’un album abouti, les neuf plages ne décollent pas vraiment, laissant une petite frustration devant cet énorme potentiel trop peu développé. En 1970, avec leur producteur Uwe Nettlebeck aux manettes, les éclats absurdes et abrupts du collectif trouvaient en lui un « organisateur » génial, décuplant la dimension surréaliste et expérimentale du groupe. Jim O’Rourke redonna vie à cet esprit cut/up dans le sublime « Rien », tout comme Stapleton sur « Disconnected ». Il manque certainement un manipulateur de sons derrière cet album pour lui donner un souffle encore plus puissant. Mais, il n’y a pas à dire, FAUST, ça se voit en live, ça se vit, se sent, se touche. Et le titre final, donnant son nom à l’album, prend d’ailleurs toute sa force théâtrale dans cette configuration. Accroché à tes lèvres
Comment ne pas prendre son pied devant cette histoire de tigre à l’affût d’un chat coincé dans un arbre ? S’amuser à l’écoute d’une ballade enfantine où les petits sons sont si appétissants… Et ce manifeste punk, risible et perturbant à la fois, qui affirme avec un aplomb dictatorial qu ‘ « il y a la ligne droite et les virages, il y a ce que tu penses et ce que tu dis, alors tu prends et tu choisis, t’avales ou tu craches » ? Et ce bon vieux retour Kraut assumé sur fond de référence à Rossini (??) avec « Bonjour Gioacchino », le meilleur titre de l’album. Aucun rapport avec la choucroute me direz-vous…
Mais surtout, il y a cette pochette. Celle de l’année, sans aucun doute.
A partir des images tournées chez lui il y a 4 ans, j'ai monté un petit reportage sur Conrad Schnitzler, créateur de Tangerine Dream et Kluster et pionnier de la musique électronique et minimaliste contemporaine.
Cette vidéo a été monté pour le webzine Gonzaï (www.gonzai.com) et va me servir de teaser pour développer un vrai projet documentaire autour de cet artiste méconnu et passionnant.
Toujours aussi productifs, nos chers amis de Faust sont sur le point de sortir deux nouveaux albums courant février.
Le premier, "C'est com...com...compliqué", est un mixage différent de l'album "Disconnected" sorti l'année dernière. JHP et Zappi avaient eu l'idée de donner les sessions enregistrées en 2006 à deux producteurs différents. Steven Stapelton de Nurse With Wound s'est chargé de "Disconnected", je ne sais pas encore qui a produit et mixé "C'est com...com...compliqué". Info à Suivre...
Le deuxième est un tout nouveau disque enregistré en aout 2008 avec les nouveaux membres de Faust, James Johnson, Geraldine Swayne et James Hodson. Intitulé "Pure Freude" (joie pure) au départ, le titre final est désormais "10". Un rapport avce le système binaire d'après JHP... Intriguant.
Malgré la non sélection du film Faust au festival Entrevues de Belfort, un des programmateurs a écrit un petit article sur le film sur un blog lié au Eurockéenne.
Le documentaire consacré à la démarche artistique de Faust va être projeté dans le cadre des transmusicales de Rennes le 1er Décembre 2008 à 20h30 au Théatre de La Parcheminerie, dans le centre de Rennes (23, Rue de la Parcheminerie).
"... Another treat for fans that also serves as an admirable introduction for newcomers is Julien Perrin's Ist Faust Schön?, which follows the fortunes of one of the originators of Krautrock. Initially comprising Werner `Zappi' Diermaier, Hans Joachim Irmler, Arnulf Meifert, Jean-Hervé Peron, Rudolf Sosna and Gunter Wüsthoff, Faust failed to garner the UK headlines that their bestselling debut album merited, as Virgin's decision to sell it for the price of a single denied it access to the charts. But, even after the Wümme line-up split, the band continued to command a sizeable global following, with their live gigs melding music with the noise generated by a range of industrial implements. Focusing on Diermaier, Peron and second phaser Amaury Cambuzat, Perrin's all-access portrait suggests that these are serious musicians who feel trapped by their stage personae, yet who recognise the creative freedom that their success has brought them..."
Le lendemain de la projection du film "Ist FAUST schön?" au festival Raindance (le 10 octobre, 20h15 à Picadilly Circus), Faust se produit en concert au Secret Market, 255-259 Commercial Road, London E1 2BT.
Pour ce concert, Faust sera composé de Jean-Hervé Péron, Zappi Diermaier, James Hodson, James Johnston et Geraldine Swayne. Des invités surprises de dernière minute ne sont pas à exclure...